Aide à domicile : le refus de revalorisation salariale de l’avenant 72 est un signal d’alarme

La branche associative de l’aide à domicile traverse une nouvelle alerte sociale majeure. L’État a refusé d’agréer l’avenant 72, pourtant négocié par les partenaires sociaux pour permettre une revalorisation des salaires dans la branche de l’aide, de l’accompagnement, des soins et des services à domicile.

Cet avenant devrait notamment tenir compte des hausses du SMIC intervenues en novembre 2024 et janvier 2026, afin d’éviter que les grilles conventionnelles restent en dessous du salaire minimum et que les rémunérations continuent de se tasser. Selon l’UNSA, l’avenant prévoyait une revalorisation d’au moins 64 euros brut mensuels et visait à corriger une situation devenue intenable : 40 % des rémunérations conventionnelles de la branche sont aujourd’hui inférieures au SMIC. 

Ce refus n’est pas un simple désaccord administratif. Il s’agit du troisième refus d’agrément d’un avenant salarial depuis 2025, après les avenants 66 et 68. La Banque des Territoires indique que la ministre a suivi l’avis défavorable de Départements de France, dans un contexte où les départements refusent de supporter de nouvelles charges qui ne seraient pas compensées par l’État. 

Cette situation révèle une difficulté de fond : dans la branche associative de l’aide à domicile, les structures dépendent très fortement des financeurs publics. Les départements, l’État, la Sécurité sociale ou encore les caisses de financement jouent un rôle central. Une revalorisation salariale négociée dans la branche ne peut donc pas produire ses effets si elle n’est pas agréée et financée. Le résultat est particulièrement injuste : les salariés attendent une reconnaissance légitime, les employeurs alertent sur l’urgence de recruter, mais les décisions financières bloquent l’application des accords.

Pour l’UNSA, cette situation est inacceptable. Les aides à domicile accompagnent chaque jour des personnes âgées, malades, en situation de handicap ou en perte d’autonomie. Elles interviennent au plus près des besoins essentiels : aide à la toilette, préparation des repas, entretien du logement, accompagnement aux gestes du quotidien, maintien du lien social. Ces missions sont indispensables à la dignité des personnes accompagnées et au maintien à domicile.

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